Dom Pérignon n'est pas vigneron. Quand il rejoint l'Abbaye Saint-Pierre d'Hautvillers à l'âge de 30 ans, en 1668, il occupe la fonction de cellérier et de procureur due à ses solides connaissances philosophiques et théologiques. La charge est importante, il a la gestion des terres où le monastère tire toutes sortes de produits destinés à la vente. Ainsi, il a sous sa responsabilité le vignoble et le pressoir. L'Abbaye est dans un triste état, il n'y a qu'une poignée de moines, les terres sont peu exploitées et le cellier, les caves, les pressoirs sont en ruine. Il a alors l'idée d'assortir systématiquement des baies de diverses origines avant même de les pressurer. Même si la récolte de l'Abbaye est faible, la dîme oblige les vignerons locaux à lui remettre une partie de leurs productions de raisins. Dom Pérignon n'est pas vigneron, c'est un œnologue avant l'heure. Il goutte les raisins à jeun après les avoir laissés toute la nuit à l'air sur le rebord de sa fenêtre. Il compose chaque cuvée selon son goût et en tenant compte des dispositions, une année précoce ou tardive, froide ou pluvieuse, si la vigne est bien fournie en feuilles... Tous ces éléments lui servaient de règles pour la composition de ses cuvées. Une légende (ce n'est qu'une histoire) raconte qu'il aurait rapporté lors d'un pèlerinage à l'Abbaye de Saint-Hilaire dans l'Aude, la méthode de vinification des vins effervescents de Limoux déjà âgée de 100 ans. Il l'essayerait alors sur les vins de Champagne et aurait découvert la méthode contrôlée pour faire mousser le vin. Une fois ce premier vin fabriqué avec la méthode champenoise, il aurait offert cette citation qui sera reprise par les publicités de champagne du XIXème : " Venez mes frères, je bois des étoiles " .